Augusto Pinochet

Un régime pour la stabilité ?

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           Augusto Pinochet est né le 25 novembre 1915 à Valparaiso d'ascendance lointaine bretonne. Il fait son éducation dans des institutions religieuses et militaires.           

           Le 11 septembre 1973 prennent fin toutes les réflexions de Salvador Allende  sur le pluripartisme et la démocratie puisque le Coup d’Etat du général Augusto Pinochet va anéantir tout espoir de démocratie dans le pays. Ainsi, Augusto Pinochet entre dans la politique nationalie chilienne avec fracas. En effet, les slogans des putschistes se résumaient en un seul, celui scandé par Pinochet lui-même : « Reddition inconditionelle, pas de discussion, reddition inconditionnelle ».  Le Coup d’Etat se solde par la victoire des putschistes et par le suicide de Salvador Allende, avec un fusil offert par Che Guevara le 11 septembre 1973. Ce suicide lui évitait l’affront de se rendre et il prononça ces dernières paroles : « Je ne démissionnerai pas et paierai de ma vie la loyauté du peuple ».

            Ainsi commence le régime tenu d’une main de fer par Augusto Pinochet. Il commence par un vaste autodafé de tous les livres marxistes. Autodafé du même type que celui de la phalange franquiste en Espagne. Augusto Pinochet est intronisé par le président de la Cour Suprême en lui remettant l’écharpe présidentielle quelques jours seulement après le Coup d’Etat.

            En somme, Augusto Pinochet est Chef de l’Etat chilien de 1973 à 1990 et son régime se fonde sur le décrèt-loi numéro 527 en vertu duquel il est proclamé « chef suprême de la nation ». Néanmoins, afin d’acquérir une légitimité autrement que militaire, la junte adopte un autre décrèt-loi le 17 décembre 1974 instituant la charge  de Président  de la République. Ainsi, le nouveau régime demeure une République ; République autoritaire et autocratique mais République. Cette image de régime est notamment influencée par les Etats-Unis dont la CIA a été au centre des rôles durant la prise de pouvoir. Par ailleurs, le nouvel appareil d’Etat se dôte d’une administration civile afin d’organiser la gouvernance future du pays. Le Président Pinochet forme ses propres futurs cadres qu’il recrute dans les milieux universitaires. En terme de popularité, il  a le soutien d’une partie des médias, pour l’autre ce n’est qu’une question de temps, mais aussi et surtout du patronat Chilien.

            Cependant, d’un point de vue économique, Augusto Pinochet veut le redressement du pays. Redressement qu’il confie à des économistes de l’école de Chicago de Milton Friedman. Ainsi, les années 1984-1989 sont marquées par des résultats probants en matière économique. En effet, avec un taux de croissance à 7%, le Chili se hisse parmi les pays d’Amérique Latine les plus émergents pour l’époque devant le Mexique. Fort de son bilan provisoire et indexé sur le contexte international de Guerre froide, Pinochet se forge une image de sauveur du communisme auprès des milieux d’affaires et de la grande bourgeoisie négociante. Voilà pour l’économie du régime de Pinochet.

           Néanmoins, le régime du président Augusto Pinochet est fondammental sur un plan constitutionnel. Issu d’un Coup d’Etat, il a fallu forger une légitimité sinon les préémices d’un Etat institutionnel. Ainsi est juridiquement établie, dès septembre 1973, la Comision de Estudios de la Nueva Constitucion Politica de la Républica de Chile et présidée par Enrique Ortuzar Escobar. Il s’agit d’un pôle d’études pour l’établissement d’une nouvelle Constitution. En conséquence, la junte militaire s’institutionnalise pour créer le Conseil des Quatre Officiers dont chacun est à la  tête d’un domaine de l’armée. Une fois installée, la junte militaire ne parvient pas à faire perdurer les résultats économiques du taux de croissance à 7% des années 1980. En effet, on observe une chute drastique du PIB et une augmentation considérable du taux de chômage.

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