La NSDAP

1 - De la DAP à la NSDAP

La DAP, en allemand "Deutshe Arbeiter Partei" signifiant "Le Parti Allemand des Travailleurs/Ouvriers", a été crée en Janvier 1919 par un simple serrurier, Anton Drexler, et par un journaliste, Karl Harrer. Il s'agissait d'un petit groupuscule politique parmis beaucoup d'autres, comme, par exemple le parti communiste qui a prit le pouvoir en Bavière en Avril 1919, jusqu'à ce qu'apparaisse Adolf Hitler, lorsqu'il assista pour la première fois à l'une des réunions du parti le 12 septembre 1919, puis prenne sa carte d'adhérent 2 jours plus tard. Au début de l'année suivante, Hitler fut chargé de la propagande au sein de la DAP. En 1920, il renomma le parti "NSDAP", en allemand "Nationalsozialistische Deutsch Arbeiterpartei" signifiant "Le Parti National Socialiste Allemand des Travailleurs/Ouvriers" qui permet d'intégrer toute la sphère politique dans ce nom. Ce nouveau nom fut abrégé par le temps par le terme "Nazi" de "Nationalsozialistische Deutsch Arbeiterpartei". Hitler se voit être rejoint par un ingénieur, Gottfried Feder qui devient le premier théoricien du parti, puis le capitaine Ernst Röhm qui deviendra le futur chef des SA (Sturmabteilung). Très vite, Hitler entre au sein du comité de direction du parti, puis fini par en prendre la tête en 1921. Il est ensuite nommé "führer" signifiant "le guide". 

En 1922, Hitler crée le journal du parti : le "Völkischer Beobachter", soit littéralement "L'observateur du peuple", et en tire environ 20 000 exemplaires. Le journal est, dans un premier temps, hebdomadaire, puis devient quotidien en 1923. Ainsi, avec autant de propagande et de "publicité" pour le parti, il passe de 60 membres en 1919 à environ 55 000 militants en 1923 !

Dès 1921; Hitler avait mis en place les fameux "SA" (Sturmabteilung), un service d'ordre (ce sont le sections d'assauts en français) et y associe des hommes quiprendront plus tard des responsabilités importantes : Hermann Göring, Rudolf Hess, Otto et Gregor Strasser, Alfred Rosenberg, Wilhelm Frick, Röhm et enfin Ludendorff. Deux tendances apparaissent rapidement : l'une autour des frères Strasser est nettement socialiste, hostile au grand capital et veut transformer profondément l'économie allemande ; Alfred Rosenberg, au contraire, qui sera le penseur du parti nazi, est le tenant de la lutte contre le bolchevisme.

 

2- L’idéologie nazie

L'idéologie d’Hitler très largement inspirée par diverses personnes et leurs ouvrages ou thèses, comme certains philosophes (H.S. Chamberlain, un écrivain allemand), pour développer sa thèse raciste.Selon lui, les juifs prennaient trop de place au sein de la société allemande à tout niveau, il les soupçonnait de vouloir prendre possesion de l'intégralité des pouvoirs mondiaux et ainsi, de metre en danger le peuple allemand ce qui provoqua chez lui une idéologie antisémite.

C'est dans "Mein Kampf" qu'est regroupé toute l'idéologie raciste d'Hitler. Livre qui fut rédigé par lui-même pendant son séjour de mois de quatorze mois en prison de Landsberg suite à l'échec du putsch de la Brasserie ou putsch de Munich. 

D'après Hitler, les allemands de pure souche appartiennent à une race supérieure su'il dénomme "Les Aryens", excluant ainsi tout ceux qui ne correspondent pas à ces critères, notamment les juifs, les homosexuels, les gitans, etc... Son projet devient donc rapidement d'exterminer les juifs, mais également d'abolir le communisme et la démocratie. Mais, il s’oppose également au marxisme, au socialisme, à l’individualisme, au pacifisme, au capitalisme, ainsi qu’au système parlementaire démocratique.

Il se fait appeler "Führer" par son peuple et entame la conquête en Europe afin d'agrandir son "espace vitale" car l’Allemagne a le sentiment d’être à l’étroit notamment parce qu’elle n’avait pas de colonies. Elle se sent « encerclée » par la Pologne, la Tchécoslovaquie, l’Autriche, la Suisse, la France, le Luxemburg, la Belgique et les Pays-Bas.

Le but du nazisme devient de défendre le "Blut und Boden" (le sang et le sol) allemand contre la soi-disant « conspiration juive » et de rendre sa force à la « race nordique », destinée en tant que « Herrenvolk » à régner sur les « races inférieures ». Le national-socialisme prêchait la dissolution sans conditions de l’individu dans la « communauté raciale » et la croyance en un Führer charismatique, le culte du Führer : « Führer befiehl, wir folgen !» (Guide commande, nous te suivons !). Le nazisme se caractérisait par tout ce qu’il rejetait, ce qui lui permit de trouver beaucoup d’adeptes qui retrouvaient dans une partie de l’idéologie nazie un point commun avec leurs propres convictions .Le mouvement rassembla rapidement les insatisfaits déçus de la démocratie parlementaire, et soutenant les exigences du NSDAP en ce qui concernait l’autarcie économique, la politique d’expansion, la libération des contraintes du « Diktat » de Versailles et l’opposition au bolchevisme.

3- Programme du parti

Le programme en 25 points du parti national-socialiste, élaboré en 1920, fut proclamé intangible au congrès de Bamberg en 1926. Il comportait quatre axes principaux :
 
Nationalité allemande

Le programme en donnait une définition biologique : c'était la loi du sang qui était déterminante. La "race aryenne" devait être protégée et développée par l'encouragement de la natalité, l'éducation et la culture physique. Pour les non-aryens (principalement les juifs) était prévue une législation raciste : interdiction d'exercer une fonction publique ou des activités de presse, contrôle de l'immigration, expulsion des juifs en cas de crise.

Vocation de la nation allemande

Les frontières établies étaient remises en cause et le programme revendiquait l'abrogation des traités de 1919 qui réglaient les frontières, la conquête d'"espace vital", l'annexion de l'Autriche, de la Haute-Silésie, du Schleswig, des Sudètes et de l'Alsace-Lorraine pour former une "Grande Allemagne" comprenant les Allemands vivant hors des frontières. Le programme exigeait l'abrogation du traité de Versailles et l'égalité des droits pour la nation allemande. 

Organisation de la nation allemande

Le programme prévoyait un État centralisé dirigé par le principe du Führer : "Ein Reich, ein Volk, ein Führer" (Un pays, un peuple, un guide), le droit au travail des Allemands, le service militaire obligatoire (interdit par le traité de Versailles), le contrôle de l'éducation, de la presse, de l'Art et de la littérature. La liberté religieuse était tolérée "à condition qu'elle ne mette pas en danger l'existence de l'État et qu'elle accepte le principe de la supériorité de la "race germanique" ". 

Programme économique et social

Le programme économique et social était anticapitaliste et antilibéral ; il prévoyait la protection des classes moyennes menacées par le capitalisme, le droit et devoir de travailler, la nationalisation des trusts, l'obligation pour les patrons de grandes entreprises de faire participer les employés aux bénéfices, et une réforme agraire consistant en la réquisition sans indemnités des grands domaines. Ces points n'ont pas été rédigés par Hitler. Les aspects socialistes furent nuancés en 1927 par la reconnaissance de la propriété privée, le parti étant financé par des industriels.

4- Organisation du parti

L'organisation du parti était très hiérarchisée et non-démocratique.


-Au sommet, Hitler, le Führer.
-Les SS, garde privée de Hitler, créée en 1925.
-Les SA, sections d'assaut, organisation paramilitaire servant de moyen d'intimidation.
-La propagande, dirigée par J. Goebbels, qui mobilisait les masses au moyen du journal du parti et de réunions publiques.
-La PO1 (organisation politique n°1), qui avait pour mission d'attaquer et de saper le gouvernement.
-La PO2, gouvernement fantôme.
-Des circonscriptions, les Gaue, divisées en Kreise, puis au niveau local en Ortsgruppen, eux-mêmes subdivisés en groupes d'immeubles, furent créées en Allemagne, en Autriche, à Danzig et dans les Sudètes.
-Organisations nazies : jeunesses hitlériennes, groupes socioprofessionnels, ligue des femmes allemandes, etc. ...
Cette structure fut créée à partir de 1925, lors de la réorganisation du parti par Hitler ; elle se remplit pendant la crise par l'afflux dans le parti des classes moyennes appauvries, et le NSDAP devint ainsi un instrument redoutablement efficace de conquête du pouvoir.

5- La conquête du pouvoir, dates importantes

  • 1919 Hitler adhère au DAP (Parti des ouvriers allemand), groupuscule ultra-nationaliste, anticapitaliste et antisémite d'une soixantaine de membres. Il s'impose rapidement au sein du parti.

 

  • 1920 Le 24 février est fondé au Hofbräuhaus de Munich le parti national-socialiste ; le DAP devient le NSDAP.

 

  • 1921 Hitler devient président du NSDAP avec des pouvoirs illimités. Le parti s'organise selon le Führerprinzip. Hitler s'entoure d'hommes qui vont l'aider à conquérir le pouvoir : Rudolf Heß, Ernst Röhm, plus tard Hermann Göring et Joseph Goebbels. Hitler noue des relations avec de riches industriels qui financent le parti. Celui-ci comporte 3 000 membres lors du premier congrès du NSDAP.

 

  • 1922 Au deuxième congrès du NSDAP, le parti compte 6 000 membres.

 

  • 1923 Au troisième congrès, le parti a 22 000 membres. Le 9 novembre, la tentative de putsch à Munich se solde par un échec ; Hitler est emprisonné et rédige "Mein Kampf" en prison.

 

  • 1924 Le 4 mai ont lieu des élections au Reichstag. C'est un succès pour les communistes (3 700 000 voix) et pour le NSDAP (1 900 000 voix).

 

  • 1925 Hitler sort de prison. Il réorganise le parti qui s'était disloqué en son absence.

 

  • 1926 Hitler convoque un congrès du NSDAP à Bamberg et reprend les rênes du parti.

 

  • 1928 Le 20 mai, aux élections législatives, les communistes obtiennent 3 200 000 voix, le NSDAP 800 000 voix.

 

  • 1929 La crise économique mondiale touche durement les Allemands, en particulier les classes moyennes. Cela entraîne un afflux de membres dans le parti.

 

  • 1930 La crise profite aux nazis. Lors des élections au Reichstag, les socialistes obtiennent 143 sièges, les nazis 107 (6 400 000 voix), les communistes 77 (4 500 000 voix). Pour beaucoup d'électeurs, c'est un vote de protestation contre la République de Weimar, qu'ils jugent impuissante face à la crise.

 

  • 1932 Au premier tour de l'élection présidentielle, Hindenburg obtient 18 661 000 voix, Hitler 11 338 000 voix et Thälmann (communiste) 4 982 000 voix. Au second tour, Hindenburg l'emporte avec 19 367 000 voix, contre 13 419 000 pour Hitler et 3 706 000 pour Thälmann.

En avril, le NSDAP l'emporte lors des élections régionales en Prusse, Bavière, Wurtemberg et Hambourg.
Le NSDAP obtient 230 sièges au Reichstag (13 732 000 voix) aux élections du 31 juillet. Les socialistes ont 133 sièges, les centristes 97, et les communistes 89 (5 200 000 voix).
Le 12 septembre, une motion de censure est votée contre le gouvernement von Papen ; le Reichstag est dissous.
Le 6 novembre, les nazis obtiennent 196 sièges au Reichstag (11 750 000 voix).
Le 17 novembre, von Papen démissionne.
Le 19 novembre, un groupe d'industriels et de financiers demande que Hitler soit nommé chancelier.

Le 24 novembre, Hitler refuse ce poste, car Hindenburg ne lui accorde pas les pleins pouvoirs.
Le 2 décembre, von Schleicher est nommé chancelier.

 

  • 1933 Les intrigues continuent : le 4 janvier, Hitler a une entrevue avec von Papen, le lendemain avec des industriels qui lui assurent le soutien des milieux d'affaires.

Le 28 janvier, les négociations et les intrigues aboutissent à la chute du gouvernement von Schleicher.
Le 30 janvier, Hindenburg nomme Hitler chancelier.

 

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