6 février 1934

Introduction

6 fevrier 1934

 

         La IIIème République est installée depuis 1871. Depuis 1870, la France vit dans la nostalgie des provinces perdues par le rattachement à l'Allemagne de l'Alsace et la Lorraine à la suite de la défaite militaire de Napoléon III à Sedan. En conséquence, l'Empire tombe mais également une certaine forme de gouvernement autoritaire por laisser place à une République parlementaire que certains vont qualifier de "République des bavards". Le début du XXème siècle est marqué par la montée en puissance sur le plan politique de groupes d'extrême-droite, déjà fortement ravigorés par le séisme de l'affaire Dreyfus.

La Première Guerre mondiale n'a pas seulement laissé des traces d'une catastrophe humaine mais aussi a entrainé une forte défiance envers le régime républicain que ses opposants n'hésitent pas à brandir comme argument. 

On compte notamment, l'Action Française, les jeunessses patriotes et la plus importante, les Croix-de-feu du colonel Anthony de la Roque. Tous ces groupes constitués en ligues attendent le moment opportun pour renverser la République qu'ils honnissent par son incapacité à défendre les intérêt collectif au profit d'intérêts privés et notamment des parlementaires. Cette occasion va leur être fournie en la date du 6 février 1934 après un vaste scandale de corruption politico-affairistes. 

Du scandale à l'insurrection

Le 9 janvier 1934, Alexandre Stavisky est retrouvé mort alors que les autorités venaient l'arrêter à son domicile pour détournement massif de fonds publics. Ce qui s'apparente déjà à un scandale d'Etat va en réalité provoquer bien davantage et forcer les réactions rapides, radicales et définitives. En effet, dès le 27 janvier 1934 le Président du Conseil Camille Chautemps démissionne car il a été révélé que des ministres composant son gouvernement ont été mis en cause dans l'affaire Stavisky. Son successeur est un autre radical du nom de Eduard Daladier. A peine entré en fonction il révoque le Préfet Jean Chiappe mais pas pour son implication dans l'affaire de corruption mais pour ses liens jugés trop proches avec les ligues nationalistes. Car, disons-le, ce qui est craint durant le mois de janvier 1934 est une réaction concrète d'un coup de force d'extrême-droite car le contexte européen y est plus que favorable. En effet, une dizaine d'années plus tôt, les factions nationalistes tentent et réussir un coup de force en Italie dirigées par Mussolini ; en Allemagne, l'ascension des nationaux-socialistes et de leur chef Hitler, devient fulgurante et irresistible. 

Néanmoins, rien n'y fera rien pour empêcher ce coup de force à la française d'arriver. Ainsi, dans la nuit du 6 février 1934 l'Action Française en tête et les jeunesses patriotes participent massivement en se regroupant place de la Concorde dans la ferme intention de marcher sur le palais Bourbon à deux pas de là. La République tremble, la police tire, les insurgés déplorent 17 morts et 2000 blessés tandis que les forces de l'ordre dénombrent 600 blessés et pleurent un mort. Qu'importe, la République a tenu mais a sérieusement tremblé. L'échec des forces insurectionnelles est en partie attribué à l'absence remarquée des Croix-de-Feu, à cause d'une divergence de points de vue entre Charles Maurras (Action Française) et le colonel de La Roque. De La Roque n'est pas fascistes et encore moins pour le renversement de la République. Il veut seulement l'a musclé sur le modèle d'une République consulaire bonapartiste. Tandis que Charles Maurras, lui, est tout bonnement royaliste. 

 

Par conséquent, la réaction de peur des élites républicaines ne se fait pas attendre. En effet, alors que les insurgés en sont encore à ruminer leur défaite et à pleurer leurs morts, une coalition politique se forme avec à sa tête Léon Blum : le Front populaire. Vaste coalition de gauche et radicale. Tout l'enjeu est de savoir si par la suite, cette coalition parviendra à redorer le blason de la République parlementaire. 

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