Les 95 Thèses de Luther

Introduction

« Le moniage de Luther n’est pas une anecdote ». Lucien Febvre a raison d’insister sur la pratique religieuse de Luther tant celui-ci va s’inspirer de sa propre expérience pour engager une vaste réflexion théologique. 

Martin Luther est né le 10 novembre 1483 à Eisleben. En 1497, il intègre les rangs des Frères de la Vie Commune. C’est là son premier contact avec une communauté religieuse. En 1502 et en 1505, il obtient respectivement le titre de bâchelier et de maître des arts. De formation juridique, c’est après un traumatisme psychologico-spirituel qu’il consacre le reste de sa vie à Dieu et au Salut de son âme. En 1507, il est ordonné prêtre mais c’est à Wittenberg qu’il occupe la fonction de prédicateur à l’église en 1514.
Martin Luther voyage beaucoup, mais il faut retenir son voyage à Rome car c’est au cours de celui-ci qu’il a été au contact et qu’il a eu connaissance de la réalité des mœurs de l’Eglise, notamment par sa rencontre avec les Borgias. C’est aussi et surtout lors de ce même voyage qu’il a connaissance de l’affaire des indulgences, concernant la construction de la cathédrale Saint-Pierre de Rome, et qu’il n’oubliera plus de toute son existence.
Le Code du Droit Canonique définit dans le canon, ce qui correspond à un article juridique, 992 ce qu’est la pratique des indulgences : « L’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Eglise, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des Saints. » En somme, il s’agit d’une donation d’une certaine somme d’argent afin de se faire pardonner ses péchés. Ladite somme d’argent a permis par exemple le financement de la construction de la cathédrale Saint-Pierre de Rome.
Le 30 octobre 1517, Martin Luther affiche sur la chapelle du château de Wittenberg ses 95 thèses, dont le nom d’origine est « 95 thèses sur la vertu des indulgences ». Le choix d’un tel titre n’est pas anodin chez Luther tant il se consacre à réfléchir sur la pratique de l’indulgence et sur son farouche désaccord avec la pratique dont il a été témoin à Rome en extorquant de l’argent aux fidèles en vertu de la promesse du rachat des péchés.
Nous pouvons donc nous poser la question suivante : En quoi la publication des 95 thèses de Luther contribue-t-elle à l’éclatement de la chrétienté médiévale ?
Il conviendra d’étudier pour cela lors d’une première partie la querelle des indulgences, puis lors d’une deuxième partie nous aborderons une redéfinition de la piété, et enfin lors d’une ultime partie nous nous interrogerons sur l’avenir de la chrétienté tel qu’elle est définit par Luther.

 

I/ La querelle des indulgences.

A/ Les raisons d’une réflexion.

Lors de la vingtième thèses, Martin Luther expose « donc, par la rémission plénière de toutes les peines, le Pape n’entend parler que de celles qu’il a imposées lui-même et non pas toutes les peines en général ». En conséquence, Luther, en plus de faire une critique sur la place du Pape dans la théologie chrétienne, il fait référence à l’Indulgence et sa pratique tant elle n’est pas dans l’intérêt du fidèle mais dans celui de l’institution de l’Eglise Vaticane. 
Les raisons d’une réflexion théologique sont posées et guidées par une seule pratique quasiment qui est l’Indulgence.

B/ Le vice de l’indulgence.

Laurent de Médicis (1449-1492) dit Le Magnifique est le père du futur Pape Léon X (Pontificat de 1513 à 1521). Il qualifie la gestion vaticane de l’Eglise chrétienne, de « rendez-vous de tous les vices ». C’est d’ailleurs un paradoxe car, comme je l’ai dit au début, Laurent de Médicis est le père du Pape Léon X, or c’est ce Pape qui va instituer la pratique des Indulgences et l’exploiter pour construire la cathédrale Saint-Pierre de Rome. Or, Luther affirme ainsi dans sa thèse vingt-huit que « ce qui est certain, c’est qu’aussitôt que l’argent résonne, l’avarice et la rapacité grandissent. » Les termes employés sont très virulents pour une critique de la pratique Papale de la gestion des pêchés et du Salut des âmes des fidèles. Et d’ajouter dans la même thèse que « quant au suffrage de l’Eglise, il dépend uniquement de la bonne volonté de Dieu ». C’est en conséquence l’attrait que le Haut Clergé avait pour l’argent des fidèles ainsi que la manière dont celui-ci était exploité qui a provoqué une réflexion en vue de réformer, au moins ce point, de la part de Luther. Luther réaffirme également que seule la volonté de Dieu peut fixer la foi chrétienne, or nous sommes dans une période où l’Europe a été marquée par l’Inquisition médiévale, laquelle période nul ne pouvait et ne devait contester le dogme chrétien, le dogme du Pape. 
Après avoir critiqué la gestion du Salut des âmes chrétiennes par la Cour Romaine de l’Eglise, Luther nous livre sa propre définition de la richesse des fidèles.

C/ Définition de la vraie richesse des fidèles.

« Ils prêchent une doctrine anti-chrétienne ceux qui enseignent que pour le rachat des âmes du Purgatoire ou pour obtenir un billet de confession, la contrition n’est pas nécessaire ». La thèse trente-cinq de Luther évoque la notion de contrition. C’est ici que Luther livre sa propre définition de ce que devrait être la vraie richesse des fidèles pour accéder au Salut de leur âme. En effet, le dictionnaire Larousse définit l’acte de contrition comme « un acte de la volonté par lequel le chrétien se détourne du pêché et se dispose à recevoir la grâce pour revenir à Dieu ». C’est donc par la prière, le remord que Martin Luther affirme que le fidèle accèdera au Salut de son âme et non par un acte impliquant une somme d’argent. En somme, nous pouvons dire qu’il y a une certaine aversion de Luther pour l’argent matériel, préférant prôner une richesse spirituelle. Cela est vraisemblablement dû à la formation même de Luther, notamment lorsqu’il fût moine Augustin. 
De plus, si la position de Luther à l’égard de la pratique des Indulgences n’était pas claire avant, la thèse trente-six est celle qui tranche avec la position vaticane de cette pratique de rémission. En effet, elle dispose « Tout chrétien vraiment contrit a droit à la rémission entière de la peine et du pêché, même sans lettre d’indulgence ». Cette thèse porte non seulement une attaque contre la pratique classique du dogme du Pape, mais également c’est elle qui représentera un impact économique considérable pour l’Eglise Romaine tant la pratique des indulgences va baisser dans l’Europe du Nord à partir de 1525. 
Lors de cette première partie nous venons d’analyser ce qu’impliquait la querelle des Indulgences, les raisons concrètes qui l’ont entrainé à penser une autre pratique de la foi chrétienne, voire de la redéfinir. C’est ce que nous allons voir dans une seconde partie : la redéfinition de la piété.

 

II/ Une redéfinition de la piété.

Comme nous l’avons vu, c’est la pratique des Indulgences qui va entraîner une réaction philosophique et théologique de Luther. Cette réaction va très vite s’avérer réformatrice allant bien au-delà de la seule pratique des Indulgences.

A/ La suppression des intermédiaires.

La thèse 94 qui est une des principales pour le dogme sur lequel veut réfléchir Luther, qui affirme « il faut exhorter les chrétiens à s’appliquer à suivre Christ leur chef à travers les peines, la mort et l’enfer. » Partant d’une réfléxion théologique sur les indulgences, Luther en vient à réagir sur le dogme en général de l’Eglise Romaine, à savoir le chef des chrétiens qui est, depuis les dictatus papae de Grégoire VII, le chef des chrétiens et représentant de Dieu. Or, ladite thèse 94 de Luther, remet en question ce principe en affirmant que les chrétiens ne doivent suivre que le Christ qui est présenté explicitement comme étant le chef des chrétiens. Quid du Pape ? Pour Luther, le Pape symbolise un intermédiaire entre les chrétiens et Dieu et c’est avec la pratique papale des indulgences que Luther en vient à penser que par ses comportements, le Pape peut être un intermédiaire corrompant l’esprit chrétien et la volonté de Dieu. D’où la nécessite d’aller vers une suppression des intermédiaires. 
De même que, revenant sur les indulgences, Luther explique que lors des cérémonies religieuses il ne doit pas être fait davantage de place prépodérante à une pratique temporelle de la foi chrétienne qu’à la véritable foi, qui est celle de l’écoute attentive de la parole de Dieu. Ainsi, à la thèse 54, Luther énonce « C’est faire injure à la Parole de Dieu que d’employer dans un sermon autant et même plus de temps à prêcher les indulgences qu’à annoncer cette Parole ». En conséquence, l’interprétation biblique accompli par le Clergé constituerait également une forme d’intermédiaire entre Dieu et les chrétiens et que en par conséquent, il convient de supprimer cet intermédiaire. La pensée de Luther est exclusivement tournée vers Dieu et sa Parole et que tout ce qui résulte de l’interprétation biblique ne saurait en aucun cas être considéré comme foi. 
Enfin, Luther esquisse le fait que la foi chrétienne n’implique pas nécessairement l’existence du Pape, ou du moins pas autant de son implication dans la spiritualité des fidèles. Comme nous pouvons le voir lorsqu’il écrit que « le même pouvoir que le Pape peut avoir, en général, sur le Purgatoire, chaque évêque le possède en particulier dans son diocèse, chaque pasteur dans sa paroisse » à la thèse 25. C’est une autre manière théologique de réviser le dogme chrétien en réfléchissant sur le rôle des intermédiaires entre les chrétiens et Dieu le Christ. 
C’est pourquoi nous allons nous pencher maintenant sur le fait que Luther prône une stricte application de la Bible dans ses 95 thèses.

B/ Une stricte application de la Bible.

« Les trésors de l’Evangile sont des filets au moyen desquels on pêchait jadis des hommes adonnés aux richesses », thèse 65. Luther, emploie le terme de « jadis », ce qui signifie qu’il évoque une époque révolue selon lui. Cette époque est celle où l’Evangile n’était guère remise en question et encore moins interprêtée. Il en parle avec une certaine nostalgie et la volonté de restaurer cette époque où l’Evangile était le centre de la foi chrétienne et non le dogme définit par le Pape. 
Cependant, Luther reproche aux indulgences de ne représenter qu’un poids négligeable dans la foi du chrétien par rapport à ce qu’elle devrait être telle qu’il la définit dans la thèse 68 « les grâces qu’elles donnent sont misérables si on les compare à la grâce de Dieu et à la piété de la Croix ». En conséquence, c’est bien la stricte application de la Bible que veut Luther, dans tous les domaines de la foi. Seule l’Evangile est symbolique de la Parole Divine et le chrétien doit la suivre fidèlement. 
Par conséquent, les 95 thèses de Luther, en voulant prôner une stricte application de la Bible et revenir à celle-ci, provoque un bouleversement du dogme établit par le pouvoir temporel du Pape durant la période précédente, c’est-à-dire médiévale, et en bouleversant ce dogme , Luther peut apparaitre comme vouloir assouplir la piété chrétienne.

C/ Vers une souplesse pieuse ?

Il faut comprendre par souplesse pieuse non pas un aménagement individualiste de la foi chrétienne, mais un allègement par la limitation du poids temporel accordé à la doctrine théologique. Ainsi, Luther dans sa thèse 19 affirme qu’il « n’est pas prouvé non plus que toutes les âmes du Purgatoire soient parfaitement assurées de leur béatitude, bien que nous-mêmes nous en ayons une entière assurance. » Dans ce propos, le moine augustin remet en question la gestion du Salut des âmes telle que veut l’imposer les doctrinaires de l’Eglise Romaine, à savoir le schéma du Purgatoire dans le but une fois de plus de légitimer la pratique des indulgences. 
Par ailleurs, il faut nuancer avec le fait que Luther prône dès la première thèse une vie de pénitence pour le fidèle ; il ajoute également que « cette parole ne peut pas s’entendre du sacrement de la pénitence, tel qu’il est administré par le prêtre, c’est-à-dire de la confession et de la satisfaction », lors de la deuxième thèse. On peut interprêter ce propos comme une prise de position en vertu de laquelle le fidèle applique sa foi davantage spirituellement qu’au moyen de sacrements. Cela explique en conséquence, la différence de la valeur accordée à ces sacrements dans le futur luthéranisme. 
Ainsi, Luther ne recherche pas la souplesse de la piété chrétienne, mais une rélfexion sur une réorientation de cette piété qu’il pense détournée par des éléments matériels, des doctrines qu’il juge non conforme à la Parole et à la volonté de Dieu. 
Lors de cette seconde partie, nous venons d’analyser la redéfinition de la piété qui est contenu dans les 95 thèses de Martin Luther. C’est ainsi que l’on peut dire que sa méfiance pour la doctrine théologique conduit Luther a pensé à une piété tournée exclusivement vers l’écoute de la Parole de Dieu et non vers les écrits des Saints comme nous l’avons vu dans le point concernant la suppression des intermédiaires. 
Après la critique de la foi chrétienne effectuée par Luther, nous allons voir quel avenir il définit pour ladite foi chrétienne.

III/ L’avenir de la chrétienté définit par Luther.

Il s’agit dans cette partie de centrer les analyses vers les propositions retenues par Luther de ses réflexions théoriques.

A/ Remettre la charité au centre des valeurs chrétiennes.

Luther oppose la pratique des indulgences à celle de la charité. En effet, dans sa thèse 44 il expose « car par l’exercice même de la charité, la charité grandit et l’homme devient meilleur. Les indulgences au contraire n’améliorent pas ; elles ne font qu’affranchir la peine ». Fidèle à sa réflexion qui prône une piété en profondeur des chrétiens, Luther par cette thèse accuse les indulgences de racheter artificiellement la peine commise, mais pas d’élever les consciences humaines. Son expérience de moine, à travers laquelle il a pu avoir connaissance des bonnes œuvres de la charité, nous permet de comprendre pourquoi il accorde autant d’importance à la charité. Précisons également que la charité est une valeur fondamentale de la piété chrétienne et que c’est la doctrine théologique qui a détourné les fidèles en leur proposant une sorte d’alternative pour l’élévation des âmes par l’achat d’indulgences. Ce qui est concrétisé dans la thèse suivante 45 par le propos « il faut enseigner aux chrétiens que celui qui voyant son prochain dans l’indigence, le délaisse pour acheter des indulgences, ne s’achète pas l’indulgence du Pape mais l’indignation de Dieu ». Une parole qui remet la charité au centre et à une place prépondérante dans la foi chrétienne. 
Il faut également remarquer que dans ces thèses citées précédemment, Luther commence par spécifier l’enseignement, l’inculcation aux chrétiens ; ce qui signifie qu’il se place dans une optique de précepteur et que ses 95 thèses ont non seulement vocation à bouleverser l’ordre papal établit, mais aussi et peut-être surtout éduquer les chrétiens par une réflexion davantage en accord avec la volonté divine.

B/ Contestations et critiques du rôle du Pape dans la chrétienté.

Nous sommes dans une partie de ses réflexions qui vont constituer le point principal du futur luthéranisme, et du futur protestantisme. A savoir la contestation et du rôle du Pape, et aussi de sa place prépondérante dans la foi chrétienne. 
En effet, Luther accuse le Pape de négligence au profit d’une plus grande collecte d’indulgence en fermant les yeux sur certains actes commis par les agents temporels du Pape. Comme nous pouvons le constater à la thèse 50 qui dispose « il faut enseigner aux chrétiens que si le Pape connaissait les exactions des prédicateurs d’indulgences, il préférerait voir la basilique de Saint-Pierre réduite en cendres plutôt qu’édifiée avec la chair, le sang et les os de ses brebis ». Il est important de remarquer au passage que cette thèse commence également par un enseignement comme si Luther se voulait pourfendeur d’une certaine transparence dans les agissements et les actions de l’Eglise. Mais, surtout Luther fait référence à ce qu’il l’a marqué au plus profond de lui-même à savoir l’édification sur l’argent des fidèles de la basilique Saint-Pierre de Rome, et il en profite pour accuser le Pape de pratiquer une certaine pression fiscale maquillée en bons sentiments chrétiens par la collecte d’indulgences.

C/ Luther, une rupture ou un renouveau de la piété chrétienne ?

Après avoir donc analysé successivement les réflexions de Luther tant sur le plan moral de la chrétienté que sur le plan politique jouées par les plus hautes instances du Clergé, la question est de savoir si Luther propose une rupture ou s’il s’agit d’un renouveau de la piété chrétienne.
Luther vit au XVIème siècle, ce qui signifie qu’il a pu être en contact avec la diffusion de l’humanisme. Or, ce dernier montre à la fois une rupture avec la puissance religieuse du Pape et le fait qu’il impose le dogme chrétien et un renouveau en insistant sur l’importance de ne pas s’interposer entre la Parole divine et les fidèles. 
Lors de cette dernière partie nous venons d’étudier quel peut être l’avenir de la chrétienté que Luther envisage et surtout le fait que ses 95 thèses constituent une rupture avec un point essentiel du dogme avec les indulgences, et une critique à l’égard de celui qui a toujours voulu s’imposer comme chef de l’Eglise temporelle en occident chrétien : le Pape.

 

 


En conclusion de ces développements, nous sommes en mesure de rappeler une brève réponse à la problématique tant la publication des 95 thèses de Luther contribuent en effet à l’éclatement de la chrétienté médiévale. Chrétienté qui, au temps médiévaux, était marqué par la toute puissance de l’Inquisition où l’hérétique était traqué sans relâche par les dignitaires du Clergé. 
C’est pour cela que les conséquences pour Luther seront tout aussi tragiques. En effet, Luther, bien qu’ayant trouvé des soutiens parmi les souverains d’Europe du Nord notamment, est excommunié durant l’année 1520 puis radié de l’Empire par l’édit de Worms l’année suivante. Cependant, Luther n’abandonnera pas son combat puisque la confession d’Augsbourg fera naître et émerger le luthéranisme encore en vigueur et suivi de nos jours.

 

 

 


Bibliographie :


1/ DELUMEAU Jean et WANEGFFLEN Thierry, naissance et affirmation de la Réforme, Paris, PUF, 1997.

2/ VENARD Marc, histoire du christianisme, t.7, « de la Réforme à la réformation », Paris, Desclée, 1994.

3/ http://www.vatican.va/roman_curia/tribunals/apost_penit/documents/rc_trib_appen_pro_20000129_indulgence_fr.html

 

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